Une cinquantaine de journalistes et d’acteurs de la société civile se sont imprégnés, en cette période de forte chaleur, du dur labeur des agents la Société nationale d’électricité du Burkina Faso (SONABEL), notamment à la Centrale thermique Bobo II et au Poste de dispatching de Kôdéni, du jeudi 27 au vendredi 28 mars 2025, à Bobo-Dioulasso, à l’occasion d’une immersion organisée par la Nationale de l’électricité. La centrale thermique Bobo II, l’une des grosses unités de la SONABEL, «contribue actuellement autour de 10% de la demande au niveau national», a déclaré, Félix Sawadogo, chef du département de production thermique des agences commerciales.
Près de 50 journalistes et des représentants des Organisations de la société civile (OSC), venus de plusieurs villes du Burkina Faso, ont constaté de visu, la tâche immense des agents de la Nationale de l’électricité dans des installations de la société à Bobo-Dioulasso, la deuxième ville du pays. Ils sont venus de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso naturellement, Banfora, Bâtié, Dédougou, Diébougou, Gaoua et Orodara. Cette immersion s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre des activités de communications en cette période de canicule de la Société nationale d’électricité du Burkina Faso (SONABEL) qui a organisé du jeudi au vendredi 28 mars 2025, dans la capitale économique, cette visite afin que les participants soient témoins du travail laborieux fait au niveau des infrastructures de production, de distribution et de transport de l’électricité.

Des journalistes et OSC dans les dédales de la Centrale thermique Bobo II
A la Centrale thermique de Bobo II, les participants à l’immersion organisée par la SONABEL, ont visité premièrement l’ancienne salle de machines qui comporte cinq groupes dont le premier groupe a été installé en 1987 et est toujours fonctionnel. Ils ont exploré ensuite la nouvelle salle de machines où les machines sont installées en 2015. Après cette étape, les journalistes et OSC ont sillonné les chaudières qui sont très importantes, car permettant la consommation du combustible. C’est un endroit où il fait très chaud. C’est à ce même endroit que l’exploitation et la maintenance se font dans les conditions pénibles. Les agents y travaillent jour et nuit pour que ces machines restent constantes pour le bonheur des populations.

Par la suite, les participants à l’immersion ont visité le module de conditionnement où le combustible, une fois arrivé, doit être bien conditionné pour que le moteur puisse aspirer dans les bonnes conditions. Le local séparateur, un module en termes de chapeau, a été aussi visité. Il sert à nettoyer le combustible. Les visiteurs du jour ont aussi assisté au dépotage des carburants qui sont livrés par la Nationale des hydrocarbures (SONABHY) en fonction de la demande de la SONABEL pour pouvoir faire tourner les groupes 24H/24 et assurer en permanence l’énergie électrique au niveau des consommateurs. La visite sur ce site s’est terminée par le constat des visiteurs au niveau de la salle de commande où nous avons vu le tour de contrôle, un dispositif qui contrôle toute la centrale et coordonne toutes les activités autour des neuf groupes avec leurs auxiliaires.

« Tous les paramètres électriques et mécaniques sont soulevés à ce niveau. Ce qui permet le bon fonctionnement des machines pour que la population soit toujours alimentée dans de bonnes conditions », a affirmé le responsable des services de production thermique, Inoussa Traoré.
S’il y a un lieu qui matérialise l’intensité du travail 24H/24 des agents de la Centrale de Bobo II, c’est bien la salle des commandes via les talkie-walkie où les communications des différentes, sans arrêt, le prouvent.

La Centrale thermique Bobo II «a une puissance installée d’environ 69 mégawatts (MW) et actuellement une puissance exploitable de 46 mégawatts»
La centrale thermique Bobo II est une des grosses unités de la SONABEL avec «une puissance installée d’environ 69 mégawatts et actuellement une puissance exploitable de 46 mégawatts», a déclaré Félix Sawadogo, chef du département de production thermique des agences commerciales de la SONABEL. Il a expliqué que compte tenu de la vétusté des machines et de certains équipements qui sont à l’arrêt pour des maintenances ou à cause des pannes, cette visite permettra aux visiteurs du jour de voir le travail immense qu’abat les agents dans cette centrale qui contribue actuellement à «autour de 10% de la demande au niveau national, le Réseau national interconnecté (RNI)».

M. Sawadogo a félicité les différentes équipes qui ont travaillé durement dans des conditions assez difficiles comme nous l’avons constaté pour pouvoir remettre les groupes en service, notamment le groupe 6 qui était en entretien de 36.000 heures. C’est un entretien d’une grande importance pour la Nationale de l’électricité, car c’est pratiquement une révision générale de la machine, du groupe. « Les équipes ont dû travailler jour et nuit pour pouvoir remettre le groupe en service à temps pour qu’elle puisse participer à la forte demande », s’est-il réjoui, profitant de l’occasion pour encourager au nom de la direction générale, les agents qui «ont travaillé vraiment dans des conditions très difficiles, assez sévères, qui ont vraiment mouillé le maillot pour qu’on puisse atteindre les objectifs ».

Le chef du département de production thermique des agences commerciales de la SONABEL a fait remarquer que les efforts déployés sur le terrain, dans un premier temps, visent à réparer toutes les machines qui sont à l’arrêt, faire les grandes maintenances, assurer au quotidien la santé des machines pour qu’elles puissent produire suffisamment d’énergie. En plus de ça, il y a aussi des projets d’urgence que la SONABEL a initiés pour «pouvoir augmenter l’offre, augmenter la capacité de production des centrales», a-t-il signifié. Les groupes remis sur pied permettront à la centrale d’avoir une production d’«en gros de 14 mégawatts, en plus sur le réseau national», a indiqué Félix Sawadogo qui laissé entendre qu’en termes de perspectives pour envisager le renforcement des capacités de production, il est prévu l’implantation d’une centrale d’une capacité de 26 MW dont nous avons constaté des travaux sur place.
Les visiteurs parcourent les segments du Poste de dispatching de Kôdéni
Avant la visite sur le site de la Centrale de Bobo II, les journalistes et les acteurs de la société civile, précisément des représentants de la Coordination nationale des Associations de Veille citoyenne (CNAVC) et de la Ligue des Consommateurs Burkinabè (LCB), ont sillonné les segments du Poste de dispatching de Kôdéni, un dispositif permettant de transporter l’électricité en grande quantité de la Côte d’Ivoire via les lignes de très hautes tensions. Sur ce site, les consignes sont claires. On ne s’approche pas des installations et des machines. Les communications doivent beaucoup modérer sinon même les proscrire si possible. Ces installations imposantes de la SONABEL sont chargées du transport et de la distribution de l’électrique pour l’alimentation du RNI.

Le dispositif passe par deux transformateurs qui abaissent la tension, la transportent dans une salle qu’on appelle HTA ou salle de distribution. C’est à ce niveau que le dispatching de l’énergie est fait via des lignes. «Si la tension est très haute, ils (transformateurs) agissent sur le matériel pour pouvoir la baisser. Si elle baisse, ils agissent pour pouvoir les mettre à niveau», a expliqué Seydou Sanou, chef de section du Poste, ajoutant que le poste de Kôdéni est relié à Bobo II et Koua. Des agents supervisent tout et contrôle les paramètres du réseau dans une salle de conduite.
Les journalistes et membres des OSC témoins des désagréments créés à cause de l’incivisme
Dans la soirée du jeudi 27 mars 2025, certains quartiers ont été momentanément privés du courant à cause d’un acte incivique. Nous avons été emmenés sur le lieu et connaître ce qui a causé la perturbation de la desserte en électricité qui heureusement a été de courte durée grâce à la diligence des agents de la SONABEL. Selon Jean-Pascal Joël Zerbo, chef de distribution à la SONABEL Bobo, il s’agit d’une maladresse de manutention d’un grutier qui a coupé une ligne de la haute tension de Kôdéni. L’incident s’est produit aux alentours de 14H. Il n’y a pas de dégâts importants outre la rupture de la ligne concernée. «Le danger est levé, car la ligne a été consignée. Raison pour laquelle nous sommes là», a rassuré M. Zerbo qui a dit que la réparation peut se faire en 30 minutes après que les policiers ont fait des constats.

L’incident concernait l’une des principales lignes de Sonabel Bobo qui va du Poste source de Kôdéni vers le poste répartiteur de Koua. «Nous avons environ 30% de notre puissance de Bobo qui transite par cette ligne et le défaut était quand-même élevé, si fait que ça crée beaucoup de perturbations», a regretté le chef de distribution à SONABEL Bobo. Pour lui, le déménagement des occupants illégaux des emprises de la SONABEL notamment les lignes de haute tension est un impératif.
«C’est un couloir de ligne et en temps normal, il n’est pas autorisé que quelqu’un s’y installe pour sa propre sécurité et pour la sécurité de nos installations. Donc, il faut bien que les couloirs de ligne soient dégagés. C’est même un impératif sauf que ce n’est pas simple. Mais avec les multiples sensibilisations, les gens commencent à comprendre et les choses s’améliorent à ce niveau», a réagi Jean-Pascal Joël Zerbo qui a insisté sur le risque majeur des occupants installés sous les couloirs des hautes tensions qu’est la mort et l’endommagement des installations de la Nationale de l’électricité.

Aïssatou Barry, vendeuse, a été témoin de l’incident. «Dieu merci, car les agents de la SONABEL ont intervenu tôt. Aussi Dieu merci parce qu’il y a eu des dégâts mais ce n’est pas beaucoup», s’est-elle confiée aux journalistes
Ce type d’incident «a un impact non seulement sur la fourniture et l’électricité et même au niveau des centrales. Ça impacte aussi nos équipements de protection que les équipements de distribution», s’est exprimé Félix Sawadogo, chef du département de production thermique des agences commerciales de la SONABEL, sur le sujet. Il a donc demandé à la population de faire vraiment beaucoup attention lors des travaux de manutention, des travaux de fouilles qui souvent brisent des câbles alors que cela a beaucoup d’impacts sur la distribution. C’est pourquoi il a invité les populations à «faire beaucoup attention, non seulement pour leur propre sécurité et puis pour la sécurité des installations de sa société.

Les perspectives de SONABEL vers l’autosuffisance en énergie électrique à l’horizon 2030 du pays des «Hommes intègres»
Selon des éléments d’informations de la SONABEL, ces dernières semaines, des efforts conjugués des agents à travers un vaste programme d’entretien et de réhabilitation, a permis de mobiliser «environ 160 MW». La Nationale de l’électricité a bénéficié de l’accompagnement du gouvernement pour la mise en place de ce vaste programme qui en temps normal aurait coûté beaucoup plus de temps à cause des procédures très longues.
Dans un élément vidéo, le directeur général de la SONABEL, Souleymane Ouédraogo, et son équipe, entendent renforcer la capacité de fourniture interne de la société en misant sur l’optimisation des moyens de production existants et en développant des projets de construction de nouvelles infrastructures énergétiques. A cet effet, une nouvelle centrale thermique de 50 MW est déjà en construction sur le site de la centrale de Komsilga. «Nous envisageons d’installer une capacité de 500 MW à Ouagadougou et une capacité de 200 MW à Bobo-Dioulasso, une capacité de 210 MW à Fada N’Gourma et toutes ces capacités sont des capacités thermiques, mais à terme, nous envisageons une reconversion pour que ces centrales puissent fonctionner au gaz», a dit M. Ouédraogo.
Donc, le développement de ces grandes centrales devra permettre au Burkina Faso de «s’auto-suffire en énergie électrique à l’horizon 2030 en attendant que nous puissions implémenter l’énergie nucléaire qui est la finalité qui va nous permettre d’être suffisamment fournies en énergie électrique pour assurer le développement de notre pays», a-t-il conclu.
Par Bernard BOUGOUM